Analyse de Bel-Ami

Gros BIG UP aux cours de ma prof de francais en 1ere, merci beaucoup ^^

2ème texte de Bel-Ami : I,2 de « Mais voilà qu’en s’apercevant » à « il sonna » (p48-49)

RAPPEL : D’après Maupassant, l’écrivain doit donner « l’illusion complète du vrai » et non pas une reproduction de celui-ci, grâce à « tous les procédés d’art qu’il a appris » . Pour cela, il opère un choix habile « de petits faits constants » puisés dans la réalité pour communiquer au lecteur « une vision personnelle du monde ». Il ne se livre pas à une description minutieuse, exhaustive mais campe son personnage en allant à l’essentiel : cf allure martiale et bravache de Georges .

SITUATION

ACCROCHE ??? Bel-Ami est un roman d’apprentissage fragzing naturaliste, écrit en 7 mois par Guy de Maupassant et publié en feuilleton dans le Gil Blas, du 6 avril au 30 mai 1885. L’extrait est tiré du chapitre 2 de la 1ère partie. Georges Duroy, bel homme en manque d’argent, a rencontré un ami de garnison, Charles Forestier. Ce dernier veut le faire engager à La Vie française et l’a donc invité à dîner chez lui pour le présenter à son patron. Nous sommes le 29 juin 1880, à Paris, au Dix-sept rue Fontaine, il est sept heures et demie. Le héros monte les marches qui le mènent à l’appartement de son ami. Il est anxieux, « harcelé surtt par la peur d’être ridicule » (cf p47)

LECTURE

RAPPEL DE LA QUESTION : quelle est l’utilité de ce texte ?

JUSTIFICATION DU PLAN

Nous allons faire une lecture analytique suivant deux axes : Georges étant seul, Maupassant nous donne accès à ses pensées ce qui va nous permettre d’étudier dans un premier temps le narcissisme du héros, puis son ambition puisque ce monologue intérieur nous le dévoile sans fard.

DEVELOPPEMENT

I- Son narcissisme

→ Verbes pronominaux : « s’apercevant »(l.1), « ne s’était pas reconnu »(l.2), « s’était pris pour »(l.2), « se regardant »(l.5), « s’étudia »(l.7), « se sourit (l.8), se tendit la main »(l.8), « se montrer »(l.11), « se mit à monter »(l.14), « se regarder »(l.17), « il se connaissait »(l.20-21),

« s’arrêta (l.22) associés à des déterminants possessifs : « sa tournure »(l.17), « son âme » (l.19), « son désir » (l.20), « son esprit » (l.21), « sa moustache » (l.23), « son chapeau » (l.24), « sa chevelure »

(l.24).

nbreux indices dénotant l’importance que Duroy accorde à sa petite personne, même si sa solitude favorise ce comportement vis-à-vis de lui-même, l’attitude est outrée.

→ Champ lexical de la vue : « s’apercevant » (l.1), « glace » (l.1), « pas reconnu » (l.2),« (au premier) coup d’ œil » (l.4), « se regardant (avec soin) » (l.5), « il aperçut (une autre) glace » (l.16), 1 « se regarder » (l.17), «( sa) tournure (lui)parut » (l.18), « (devant la troisième) glace »

(l.23) + indices de lieu « En arrivant au second étage » (l.16), « en gravissant le dernier étage » (l.22)

– Récurrence de « glace » (l. 1,6,23 ) = logique qu’il s’observe puisqu’il n’en a pas l’habitude et que son apparence est différente cf « n’ayant chez lui que son petit miroir à barbe »  réalisme de l’attitude : naturalisme qui permet au lecteur de voir un personnage en action et de comprendre son caractère.

Ces glaces témoignent du milieu social ds lequel pénètre GD

Valeur symbolique des paliers à franchir → 1er : Marelle ; 2nd : Forestier ; 3ème : Walter .

– Comme Narcisse, GD s’admire (à chaque étage !)

– Gradation : « s’apercevant »1 = par hasard → « se regardant avec soin »5 = GD existe par son physique, son apparence

–Esprit observateur et critique

→ lexique laudatif confirme son amour-propre : « fort bien, fort chic » (l.3), «vraiment […] satisfaisant » (l.6), « vraiment élégante » (l.18) . Les modalisateurs autosatisfaction

Maupassant parvient à nous situer le milieu ds lequel GD va faire son entrée uniquement par le

regard du héros et sans nous décrire le lieu. Il focalise sur quelques détails : les 3 étages et les 3 glaces cf atmosphère grâce à la focalisation interne ; GD = acteur qui devient son propre metteur en scène et son propre spectateur, ce qui lui donne un sentiment de puissance.

II – L’ambition

1 – Confirmation de sa situation précaire : « il s’était pris pour un AUTRE, pour un homme du monde » (l.2)

GD n’a que l’apparence, les vêtements mais un nouvel homme est en train de naître ; ce dédoublement prouve les potentialités de GD

– thème récurrent p 189 « Et un singulier besoin le prit tt à coup de se relever pour se regarder ds sa glace. Il ralluma sa bougie. Qd il aperçut son visage reflété ds le verre poli, il se reconnut à peine, et il lui sembla qu’il ne s’était jamais vu. Ses yeux lui parurent énormes ; et il était pâle »(I,7 GD attendant le duel seul) ; p 348 « En arrivant sur le palier du 1er étage, la flamme subite éclatant sous le frottement, fit surgir ds la glace leurs deux figures […]Ils avaient l’air de fantômes »(fin du chap 6, 2ème partie) → dédoublement qui fait penser au Horla

2 – Les atouts de GD

 son physique

→ agréable cf incipit + lexique valorisant déjà énoncé : GD = satisfait, a confiance en lui

→ GD entretient cet atout «frisa sa moustache d’un mouvement qui lui était familier, ôta son chapeau pour rajuster sa chevelure » (l.23) : itératif qui prouve que GD sait se faire valoir + coquet.

 Son hypocrisie

→ Champ lexical du théâtre : « acteurs » (l.7), « rôles » (l.8), « gestes » (l.8), « exprima (des sentiments) » (l.8) + «les degrés du sourire et les intentions de l’œil » (l.10)

GD s’étudie mais calculateur pour se jouer des autres ; Montaigne disait au XVIème siècle : « Nous sommes tous en représentation »mais GD veut avoir l’attitude qui convient le mieux à son ascension.

Sortant de sa solitude, il anticipe sur les rencontres.

→ concentre son attention sur les femmes : l.10 à 12 « pour se montrer galant auprès des dames, leur faire comprendre qu’on les admire et qu’on les désire »

« se montrer » (l.11), « faire comprendre » (l.11) = peu importe qu’on le pense ; GD = Don Juan qui fait les promesses nécessaires à la chute de la femme convoitée.

Jeu de la séduction mettant l’accent sur une relation humaine basée sur des apparences GD = dangereux

GD a compris que son ascension passerait par les femmes = malin, manipulateur .

 Son énergie

→ Champ lexical de l’ambition : « confiance (immodérée) » (l.18), « il réussirait » (l.19),« désir d’arriver » (l.20), « résolution »(l.20)

sentiment de toute-puissance qui va l’aider à agir ; partant du bas de l’échelle sociale, il a besoin de cette motivation pour parvenir détail logique

→ Polysyndète de « ET » l.19 à 21 bilan de ses capacités par GD en DISCOURS INDIRECT LIBRE : /physique « figure » + /énergie + /opportunisme (adaptation pour tourner les situations à son avantage) « indépendance de son esprit » (= expression assez vague mais valorisante, aux yeux de GD dont on s’apercevra qu’il ne respecte pas toujours les bienséances : il battra Clo, Ne respectera pas sa parole donnée à Virginie, enlèvera Suzanne, ne respectera pas ses engagements de

« liberté » vis-à-vis de Madeleine… )

égotisme (disposition à parler de soi, à faire des analyses détaillées de sa personnalité physique et morale, comme Montaigne ou Rousseau ; puis, par extension : culte du moi, poursuite trop

exclusive de son développement personnel, comme les héros stendhaliens)

– Mais comportement négatif puisque au 4ème paragraphe, récurrence de la lâcheté de GD : « peur » (l.13) et « crainte » (l.14) Anti- héros qui s’effraye rapidement.

 Cet aspect négatif est inhérent à GD mais n’entrave pas ses atouts. La chance le favorise alors

qu’il ne le mérite pas ; être particulièrement dangereux, machiavélique par son absence de scrupules pessimisme de Maupassant.

CONCLUSION

Texte important car GD étant seul et entrant ds un univers inconnu, la focalisation interne nous donne accès à ce qu’il pense réellement alors que, lorsqu’il est avec fragzing quelqu’un, il joue tjs un rôle. A travers ses réactions et ses pensées, la société est présentée comme une vaste comédie humaine. Pour GD, l’homme du monde se reconnaît à – l’élégance de la toilette, – l’aisance du comportement (le moindre geste doit paraître facile) et – la galanterie envers les femmes ; GD a ttes ces qualités pour parvenir mais il manque de pratique : il va devoir utiliser son énergie à la maîtrise des situations nouvelles.

L’escalier symbolise la réussite sociale et le miroir permet de s’observer, de se perdre et de se trouver : nous existons par le regard (le nôtre ou celui d’autrui) : Maupassant ne s’est pas livré à une description minutieuse ms a su mettre en évidence les objets clés du lieu cf peintres impressionnistes : quelques touches rapides et colorées où l’atmosphère du lieu compte plus que les contours matériels.