Analyse Dom juan n2

Fragzing revolution t’offres La suite 2

– DJ : convaincre

– 2 Phrases interrogatives « Quelle est ton occupation…? »21 : fait semblant de chercher la réponse alors qu’il la connaît + « il ne se peut donc pas que tu ne sois… ? »24 : Fonction impressive avec l’interrogation et le pronom de la 2ème personne cf maïeutique de Socrate qui pousse l’interlocuteur à trouver lui-même la vérité en le faisant s’interroger méthodiquement.

– Interrogations moqueuses : le spectateur sait que DJ ne s’intéresse qu’à lui en se moquant du Pauvre. Il essaye de le déstabiliser.

– surprises feintes « tu te moques »28

– présent à valeur générale comme si DJ détenait la vérité « 1 h qui prie le ciel tt le jour… »28. Remarque spécieuse car on ne prie pas pour obtenir un « habit » mais son salut.

DJ met l’accent sur le ridicule de la situation : être protégé par Dieu et vivre ds un extrême dénuement. Après avoir obtenu l’assentiment de son interlocuteur sur l’inutilité de la prière pour éviter la faim, DJ passe aux exercices d’application : si la prière est vaine, le juron peut rapporter.

Argumentation = structurée : constat de la pauvreté puis remédiation MS cette remédiation nie le pouvoir de Dieu et valorise DJ.

– Formules conditionnelles d’abord « pourvu que tu veuilles jurer »34, « si tu jures »38 avant de passer à des impératifs « prends »43, « prends » + « il faut »39 doublés de celui de Sganarelle : « jure »42 : on passe ainsi de l’argumentatif à l’injonctif

– incise d’insistance « te dis-je »43

de la logique à la force, DJ ne néglige rien pour triompher, comme un homme possédé par la rage de convaincre.

MS argumentation spécieuse

Le catholicisme n’a jamais posé une équivalence entre Foi et réussite matérielle : le pauvre ne vise pas les biens terrestres et DJ exclut de son raisonnement le salut par la pénitence.

DJ = beau parleur ; il est facile pour un homme nanti et repu de faire dire par un infortuné qui jeûne et attend des secours, que sa prière est vaine.

Rien ne dit ds cette scène que le P a choisi sa pauvreté, ce qui aurait signifié une attitude volontariste et critique vis-à-vis des richesses du monde. Non seulement il n’argumente pas devant DJ, mais il semble admettre les valeurs que la théologie de la pauvreté récuse, en particulier qd il déclare « prier le Ciel pour qu’il vous donne tte sorte de biens » 15; comme si la prière visait à maintenir l’ordre des valeurs humaines ( en particulier liées à l’argent) et non le salut. Il se rapproche en cela de DJ cependant les registres qu’ils utilisent sont radicalement opposés .

III – Les visées : pathétique pour le P, polémique pour DJ et comique pour Sg.

1 – le pathétique ( du grec « pathein » = souffrir) naît de l’évocation de la souffrance du pauvre, liée à : – la faim et la misère cf l’hyperbole : « ds la + gde nécessité du monde »26-27

– la plainte cf les exclamations : « 26 « hélas ! », 35 « ah ! monsieur »

– la nécessité d’être « secour(u) »l.10 alors que DJ le maltraite

– le lexique : « secourir »10, « aumône »11, « pauvre »13, « nécessité »27, « mourir »45 provoque la pitié, la compassion du spectateur

 gde importance de la mise en scène pour amplifier ce pathétique ou l’atténuer si l’on considère la

référence aux biens terrestres comme primordiale : cela fait tomber l’auréole, le propos du pauvre serait à la fois flagorneur (qui use de flatterie basse et intéressée) et restrictif.

2 – le polémique

– aménité (parole aimable) ironique au début : « je te rends grâce de tt mon cœur »9 = double énonciation, phrase amphibologique (ambiguë, à double sens) : le P prend DJ pour un chrétien le spectateur comprend l’ironie car connaît son cynisme .

– lexique dévalorisant : « intéressé »12, DJ rejette immédiatement de la notion de charité et le rôle dévolu à tt ermite.

– ironie : ds la question rhétorique :24 « il ne se peut donc pas … ? » et les répliques suivantes : 28 « tu te moques : … » et 32« voilà qui est étrange … » mettant en évidence l’étonnement feint et la référence au bien-être avec : « à ton aise »25 et « bien dans ses affaires »29 alors qu’il a la preuve de la misère ds laquelle vit cet homme.

-pression pour obtenir l’abdication de son interlocuteur avec les récurrences de

« donner »5,15,16,23,33,38,46 et de « jurer »34,38,39,42,43

– rire sardonique (qui exprime une moquerie méchante) 33 « Ah ! ah ! »

– intransigeance : 39 « il faut jurer », 41 « à moins de cela tu ne l’auras pas », 43 « jure donc »

Crescendo sadique. DJ essaie de séduire le Pauvre (sens étymologique : SEDUCERE en latin = tirer vers soi, séparer)

3 – La note comique :

« vous ne connaissez pas Monsieur, bonhomme ; il ne croit qu’en deux et deux sont quatre »18 [= même mouvement que ds I,3 « Madame, les conquérants, Alexandre et les autres mondes sont causes de notre départ »] +

« jure un peu » comique ds le modalisateur « un peu » qui laisse entendre que le péché n’est pas si grand. .

Sg a un effet de dédramatisation. Son caractère de faible ne peut comprendre aucune forme d’héroïsme ou simplement de courage et cela fait de lui une sorte de diable en second auprès de DJ. Sg = témoin complice des forfaits de son maître. De plus il a jugé le Pauvre puisqu’au début il le vouvoie « enseignez-nous », puis finit en le tutoyant : « jure »45 la pression exercée est extrême mais le P est le plus fort : on peut donc penser que la piété gagne même si DJ donne le louis .

CONCLUSION Pas de réponse tranchée à la question posée; soit l’on considère que le Pauvre est un fragzing hypocrite vénal dont l’unique but est d’obtenir de l’argent et c’est l’impiété qui gagne, soit l’on focalise sur son refus de blasphémer et la piété gagne… . Scène la + violente de la pièce . Les paroles du Pauvre sont systématiquement retournées contre lui pour qu’il abjure. DJ a mis en application la philosophie qu’il a exposée ds la scène précédente : individualiste, matérialiste, impie. Valeur symbolique ( rare chez Molière ) : rencontre du vice triomphant et de la vertu misérable. Occasion pour DJ encore 1 fs d’affronter 1 dieu ds lequel il affirme ne pas croire, attitude paradoxale qu’il adopte à de nbreuses reprises. Au catéchisme du pauvre, il oppose le sien propre, celui d’une logique dépourvue d’indulgence et de générosité. Pas de CRISE (péripétie majeure et catastrophe : point culminant du NŒUD au théâtre) ms diverses facettes du personnage cf. drame espagnol et élisabéthain baroque. Contrairement à ce que l’on a pu dire, cette scène ne constitue pas un épisode sans lien avec les reste : elle participe aux « épreuves » que DJ rencontre et confirme le jeu de séduction verbale qu’il instaure avec ts les personnages qu’il fragzing rencontre.

Ouverture possible : On peut opposer cette scène à la scène avec monsieur Dimanche IV3 mais le Pauvre = pathétique alors que M. Dimanche = comique.

Autres scènes symétriques :

– scène de dépit amoureux : I 3 Elvire/DJ (registre noble et tragique ) / II 1 Pierrot/Charlotte (mode parodique et bouffon)

– code de l’honneur : II 3 Pierrot / DJ / III 4 Don Carlos / DJ

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